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Formule 1
Création de la discipline 1946
Création du championnat du monde 1950
Nombre de Grands Prix disputés 803 (après le Grand Prix du Brésil 2008)1
Nombre d'équipes actuelles douze licences d'écuries ont été délivrées. En raison du renoncement de Prodrive et de la disparition en cours d'année de Super Aguri, il ne reste plus que dix écuries engagées.
Tenant du titre (pilote) Lewis Hamilton
Tenant du titre (constructeur) Ferrari
Site internet www.formula1.com

La Formule 1, communément abrégée en F1, est une discipline de sport automobile considérée comme la catégorie reine de ce sport. Elle a pris au fil des ans une dimension mondiale et, avec les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football, est l'un des événements sportifs les plus médiatisés2.

Chaque année depuis 1950, un championnat mondial des pilotes est organisé et depuis 1958 un championnat mondial des constructeurs automobiles a été mis en place. La compétition est basée sur des Grands Prix, courses à bord de monoplaces, disputés sur circuits routiers fermés permanents mais parfois tracés en ville et temporaires, comme à Monaco.

Cette discipline sportive, régie par la Fédération internationale de l'automobile (FIA), est gérée par la Formula One Administration (FOA) et un ensemble de sociétés satellites contrôlées par Bernie Ecclestone. Après l'ère des artisans des années 1960 et 1970, elle a peu à peu attiré les grands constructeurs automobiles mondiaux qui y investissent des sommes conséquentes, en espérant tirer profit des retombées médiatiques d'éventuels succès. La Formule 1 est considérée comme la vitrine technologique de l'industrie automobile qui y expérimente des nouveautés techniques, parfois issues de la technologie spatiale et susceptibles d'être adaptées ensuite sur les voitures de série.

Outre la compétition, le terme Formule 1 désigne l'ensemble des règles techniques des voitures monoplaces qui sont mises à jour tous les ans par la FIA. Ces règles sont très strictes sur les dimensions des voitures, la cylindrée des moteurs, les technologies mises en œuvre; elles définissent également les mesures de sécurité des voitures pour assurer la protection du pilote. Les monoplaces de course répondant aux caractéristiques de la réglementation de la Formule 1 sont généralement désignées sous le terme générique de Formules 1.

Sommaire

modifier Histoire

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Histoire de la Formule 1.

L'histoire de la Formule 1 trouve son origine dans les courses automobiles disputées en Europe dans les années 1920 et 1930. Elle commence réellement en 1946 avec l'uniformisation des règles voulue par la Commission sportive internationale (CSI) de la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Un championnat du monde de Formule 1 est créé en 1950 puis une Coupe des Constructeurs en 1958 (qui devient le Championnat du monde des constructeurs à partir de 1982). L'histoire de cette discipline est étroitement dépendante des performances des voitures et de la réglementation technique qui régule les compétitions. Bien que le gain du championnat du monde reste le principal objectif, de nombreuses courses de Formule 1 ont eu lieu sans être intégrées au championnat du monde. La dernière, disputée à Brands Hatch, s'est déroulée en 1983. Des championnats nationaux ont également été organisés en Afrique du Sud et au Royaume-Uni dans les années 1960 et 1970.

modifier Les débuts (1950-1957)

Affiche du 1er Grand Prix du championnat du monde, disputé à Silverstone, le 13 mai 1950.
Cette Alfa Romeo 159 a conduit Juan Manuel Fangio au titre en 1951.
La Ferrari F500 F2 d'Alberto Ascari, champion du monde 1952 et 1953

Le championnat du monde des pilotes est officiellement lancé le samedi 13 mai 1950 à Silverstone à l'occasion du Grand Prix de Grande-Bretagne3. Créé l'année précédente à l'initiative de la Commission Sportive Internationale4 (l'organe sportif de la Fédération internationale de l'automobile), le championnat réunit les Grands Prix européens les plus prestigieux (à l'exception notable du Grand Prix d'Allemagne) ainsi que les 500 miles d'Indianapolis, épreuve servant surtout à cautionner le caractère mondial du championnat dans la mesure où elle n'est pas disputée selon la réglementation de la Formule 15.

Seulement cinq ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la tenue d'un championnat du monde est un projet audacieux6, les économies européennes commençant seulement à se relever. Logiquement, les premiers plateaux du championnat sont assez disparates et, comme un symbole, c'est l'Alfa Romeo 158, une voiture dont la conception remonte à 1937, qui domine les débats. Le vétéran italien Giuseppe Farina remporte la manche d'ouverture du championnat avant de devenir le premier champion du monde de l'histoire7, battant son coéquipier argentin, Juan Manuel Fangio lequel prendra sa revanche l'année suivante8.

Malgré la montée en puissance de la Scuderia Ferrari qui a remporté au Grand Prix de Grande-Bretagne 1951 sa première victoire, grâce à l'Argentin José Froilán González9, et qui est passée près du titre avec Alberto Ascari10, la santé financière du championnat apparaît incertaine11 et le retrait annoncé d'Alfa Romeo en fin d'année12 fait craindre un manque de concurrents. Pour remédier à cette situation, la CSI décide de réserver les championnats 1952 et 1953 aux monoplaces de Formule 213.

Comme espĂ©rĂ©, de nouveaux concurrents pour la plupart britanniques, rĂ©pondent favorablement au passage Ă  la Formule 2. Si les grilles se garnissent, cela n'empĂŞche pas la large domination de Ferrari qui Ă©crase la compĂ©tition avec son chef de file Alberto Ascari. La concurrence prend forme en 1953 avec l'Ă©mergence au plus haut niveau de Maserati14, qui peut compter sur le retour de Juan Manuel Fangio absent sur blessure la saison prĂ©cĂ©dente : Ascari est Ă  nouveau titrĂ© mais le duel entre Ferrari et Maserati donne lieu Ă  Reims15,16 et Ă  Monza17 Ă  ce que les journalistes appellent « les courses du siècle Â»18, signe qu'après des dĂ©buts laborieux, le championnat du monde est bel et bien lancĂ©19.

La Formule 2 ayant relancĂ© le championnat, la CSI dĂ©cide Ă  partir de 1954 de l'ouvrir Ă  nouveau aux monoplaces de Formule 1, la cylindrĂ©e maximale autorisĂ©e passant de 2 Ă  2,5 litres. Non seulement cette dĂ©cision ne fait pas fuir les petits artisans mais attire deux prestigieux constructeurs : Mercedes-Benz20 et Lancia21. Symbole du dynamisme du championnat, chacun des quatre grands constructeurs engagĂ©s prĂ©sente une monoplace aux caractĂ©ristiques diffĂ©rentes : V8 pour Lancia, 8 cylindres en ligne pour Mercedes-Benz, 6 cylindres en ligne pour Maserati et 4 cylindres en ligne pour Ferrari. Les saisons 1954 et 1955 sont largement dominĂ©es par Mercedes-Benz, ce qui permet Ă  Fangio de dĂ©crocher deux titres mondiaux supplĂ©mentaires.

La domination des Flèches d'Argent est telle qu'elle fait craindre pour l'Ă©quilibre du championnat, d'autant plus que Lancia et Maserati sont en proie Ă  d'importants soucis financiers. Mais la dĂ©cision, en partie motivĂ©e par le drame des 24 heures du Mans22, de Mercedes-Benz de quitter la compĂ©tition fin 1955 et la cession par Lancia de ses prometteuses D5023 Ă  Ferrari permet de revenir aux duels Ferrari/Maserati. De cette lutte de constructeurs, un homme Ă©merge : champion en 1956 sur Ferrari, puis en 1957 chez Maserati, Fangio porte son palmarès Ă  cinq titres mondiaux.

modifier Les « Garagistes Â» (1958–1981)

La VW5 (ici ex-Stirling Moss) permet à Vanwall de remporter la première coupe des constructeurs en 1958
En 1969, Bruce McLaren conduit sa propre monoplace, la voiture de Formule 1 a complètement évolué.

La physionomie du championnat du monde change brutalement en 1958 lorsque les constructeurs britanniques, qui jusque lĂ  faisaient surtout de la figuration derrière les grandes marques italiennes et Mercedes, touchent enfin les dividendes de leur travail de fond. Un pilote Ferrari (Mike Hawthorn24, qui ouvre une sĂ©rie de douze titres consĂ©cutifs pour des ressortissants du Commonwealth) est titrĂ©, mais la première Coupe des constructeurs revient Ă  Vanwall25, tandis que Cooper26 crĂ©e la sensation en faisant triompher, via le Rob Walker Racing27 Ă  Buenos Aires28 et Ă  Monaco29 une monoplace Ă  moteur central arrière mue par un moteur Coventry Climax30 de 2 litres qui rend plus de cent chevaux Ă  la concurrence. Enzo Ferrari31 voit cette innovation d'un Ĺ“il sarcastique et a cette phrase sans appel : « les chevaux tirent la charrue et ne la poussent pas Â». Cette solution technique qui privilĂ©gie la maniabilitĂ© au dĂ©triment de la puissance pure ne tarde pas Ă  faire Ă©cole. Elle contribue Ă©galement Ă  faire changer d'ère le championnat du monde qui n'est plus affaire de grands constructeurs, mais dĂ©sormais d'assembleurs (les « Garagistes Â» comme les appelle Enzo Ferrari avec mĂ©pris), l'accent Ă©tant mis sur la conception du châssis. Les premiers succès de la Cooper sont confirmĂ©s en 1959 et 1960 par les deux titres mondiaux de l'Australien Jack Brabham32, tandis que deux autres marques, BRM33 et Lotus34 s'engagent sur une voie identique.

En 1961, pour freiner l'escalade des performances, la cylindrée maximale des Formule 1 passe de 2,5 à 1,5 litre, reprenant la règlementation technique de la Formule 2, qui disparait momentanément. Bien qu'annoncée depuis octobre 1958, cette formule n'a pas été anticipée au mieux par les constructeurs britanniques, ce qui laisse le champ libre à Ferrari qui, enfin passée au moteur arrière, domine le championnat. Ses pilotes sont hélas départagés de la pire des façons, Wolfgang von Trips35 se tuant lors de la dernière manche de la saison à Monza36, offrant du même coup le titre à l'Américain Phil Hill37. Minée par une crise interne durant l'hiver, la Scuderia est incapable de faire fructifier ce succès et les Britanniques reprennent leur domination dès 1962, Graham Hill38 s'imposant sur sa BRM. Cette saison est également marquée par l'émergence de Jim Clark39, qui frôle le titre au volant de sa révolutionnaire Lotus 2540 monocoque qui rompt avec les traditionnels châssis tubulaires, œuvre de l'ingénieur Colin Chapman. Le duo Chapman/Clark réalise le doublé pilote/constructeur aux championnats 1963 puis 1965, Ferrari ne parvenant qu'à redresser brièvement la tête en 1964 grâce à l'ancien champion motocycliste John Surtees41 qui réalise l'exploit d'être titré sur quatre roues après l'avoir été sur deux.

En 1966, un nouveau changement réglementaire est instauré qui fait repasser la cylindrée maximale à 3 litres, l'objectif étant de refaire de la Formule 1 la discipline reine du sport automobile, statut contesté par les puissants prototypes du championnat du monde des voitures de sport. Les deux premières saisons de la nouvelle Formule 1 sont marquées par les balbutiements de la plupart des concurrents qui peinent à trouver la motorisation idéale (la palme de l'innovation revenant à BRM avec son moteur H16 qui s'avérera être un fiasco), ce dont profite Brabham42, adepte de solutions techniques rustiques (châssis tubulaire et moteur Repco43 dérivé d'un bloc Oldsmobile) pour briller. Toujours à la pointe de l'innovation, Lotus, qui s'est fourvoyé en achetant à BRM le moteur H16, réagit en commandant à Cosworth44, via le financement de Ford, un moteur qui fera date, le V8 Cosworth DFV qui dominera pendant près de quinze ans. Après des débuts prometteurs en 1967, la Lotus 49 domine la saison 1969 aux mains du vétéran britannique Graham Hill qui a suppléé son coéquipier Jim Clark, victime d'un accident mortel en début de saison en Formule 2. La saison 1968 prouve que Lotus ne brille pas que par ses innovations techniques, mais également par sa réactivité sur le plan politique. En début d'année, la CSI, tenant compte de l'accroissement du coût de la discipline, autorise le sponsoring extra-sportif. Lotus signe immédiatement un partenariat avec Imperial Tobacco et remplace la robe British Racing Green de ses monoplaces par une livrée rouge et or aux couleurs de Gold Leaf45. Le traditionnel code des couleurs en vigueur depuis les années 1920 a vécu.

Jody Scheckter au volant de la Tyrrell-Ford P34 Ă  six roues en 1976
La wing car Lotus 78
La Brabham BT46 aspirateur, victorieuse du Grand Prix de Suède 1978.
Renault RS10 première monoplace de Formule 1 turbocompressée à remporter un Grand Prix

La puissance croissante des moteurs (plus de quatre cents chevaux) commence à causer des problèmes d'adhérence aux monoplaces. Dans ce contexte apparaissent au Grand Prix de Belgique 196846 les premiers ailerons, initialement fixés directement sur les bras de suspension, conçus selon le principe d'ailes d'avions inversées et destinés à plaquer la voiture au sol. Fin 1968, saison perturbée à de nombreuses reprises par la pluie, une autre solution est explorée par plusieurs écuries (Lotus, Matra47, McLaren48), la conception de monoplaces à quatre roues motrices afin de répartir la puissance entre les trains avant et arrière. Les difficultés de mise au point de telles monoplaces et le surplus de poids engendré conduisent les ingénieurs à abandonner cette voie et à développer les ailerons, ce qui conduit à des solutions extrêmes, les voitures étant munies d'ailes haut perchées à l'avant comme à l'arrière. Le double accident des Lotus de Hill et Rindt49 au Grand Prix d'Espagne50 (à quelques tours d'intervalle, au passage d'une bosse, les ailerons des deux voitures avaient cédé, envoyant leurs pilotes dans les murets de protection) conduit le pouvoir sportif à interdire sine die ces ailerons hauts.

La progression rapide des performances n'est pas sans conséquence sur le taux de mortalité des pilotes. La fin des années 1960 et le début des années 1970 est l'une des périodes les plus noires de la Formule 1 même si sous l'impulsion de Jackie Stewart51, la mentalité des pilotes change au point que mourir au volant n'est plus considéré comme une fatalité. L'accident le plus emblématique de cette période est celui de l'Autrichien Jochen Rindt52 qui, au volant de sa révolutionnaire Lotus 72 (qui avec ses radiateurs latéraux, préfigure l'esthétique des monoplaces de course des décennies à venir), trouve la mort lors des essais du Grand Prix d'Italie 197053. Solidement en tête du classement général au moment de son décès, il deviendra champion du monde à titre posthume.

Malgré les multiples drames qui l'ont touché (mort de Clark en avril 1968 et de Rindt en septembre 1970), Lotus reste l'écurie dominante et est à nouveau titrée en 1972 avec le Brésilien Fittipaldi54. La suprématie de Lotus est régulièrement contestée par l'écurie Tyrrell55 avec laquelle Jackie Stewart remporte le titre en 1969, 1971 et 1973. Le premier de ses trois titres est acquis au volant d'une monoplace française, Matra (Tyrrell prenant pour l'occasion le nom de Matra International). En 1974, Fittipaldi décroche son second titre mondial et le premier de l'écurie McLaren mais la saison est marquée par le retour en forme de la Scuderia Ferrari, emmenée par Niki Lauda56, titré en 1975 puis en 1977, après avoir laissé échapper le titre en 1976 (à James Hunt57, McLaren) dans des circonstances dramatiques58.

La deuxième moitiĂ© des annĂ©es 1970 est marquĂ©e par plusieurs innovations technologiques radicales. La plus spectaculaire, mais la moins efficace, est Ă  l'initiative de Tyrrell qui dĂ©voile en 1976 son fameux modèle P3459, une monoplace Ă  six roues : chaque demi-train avant est muni de deux roulettes destinĂ©es Ă  accroĂ®tre l'adhĂ©rence tout en rĂ©duisant la traĂ®nĂ©e. MalgrĂ© la victoire de Jody Scheckter60 au Grand Prix de Suède 197661 et plusieurs performances de haut niveau, la solution ne fera pas Ă©cole, d'autant plus que le coĂ»t des roulettes se rĂ©vèle prohibitif. En 1977, Lotus dĂ©voile son modèle 78, monoplace Ă  effet de sol dite Ă©galement « wing car Â» car Ă©quipĂ©e d'un fond en forme d'aile d'avion inversĂ©e associĂ© Ă  des jupes latĂ©rales quasi-Ă©tanches, ce qui engendre une puissante dĂ©pression et procure donc une tenue de route phĂ©nomĂ©nale. Après une saison de mise au point, Lotus Ă©crase le championnat 1978, remportĂ© par le pilote amĂ©ricain Mario Andretti62. Ă€ l'issue de la saison, toutes les Ă©quipes emboĂ®tent le pas Ă  Lotus mais Brabham a dĂ©jĂ  rĂ©agi en mettant au point une monoplace dotĂ©e d'une turbine aspirant l'air sous la voiture pour gĂ©nĂ©rer un effet de sol encore supĂ©rieur. Après une seule course oĂą Niki Lauda dĂ©croche une victoire aisĂ©e (Grand Prix de Suède 197863), le dispositif est interdit par le pouvoir sportif. Enfin, l'innovation la plus marquante de cette pĂ©riode est française, Renault64 faisant, en 1977, ses dĂ©buts en championnat du monde avec un moteur turbocompressĂ©. Après des dĂ©buts laborieux (Ken Tyrrell65 surnommera cette voiture « la thĂ©ière jaune Â»66, Ă  cause de la fragilitĂ© de la partie mĂ©canique, qui faisait une affreuse couleur noire, sur une voiture jaune), Renault fait triompher pour la première fois son moteur turbo au Grand Prix de France 197967, dĂ©montrant la justesse de son choix.

La rĂ©volution technologique qui agite la Formule 1 de la fin des annĂ©es 1970 va de pair avec les grandes manĹ“uvres politiques qui s'engagent. RĂ©unies au sein de la FOCA, un groupe de pression destinĂ© Ă  dĂ©fendre leurs intĂ©rĂŞts, les principales Ă©curies britanniques entendent peser plus lourdement sur la direction de la discipline en profitant de la passivitĂ© de la CSI jusqu'Ă  l'Ă©lection Ă  sa tĂŞte, en 1978, du Français Jean-Marie Balestre. Inquiets des performances du moteur Renault turbo, les Britanniques demandent son interdiction, conscients qu'une technologie aussi pointue et coĂ»teuse ne peut ĂŞtre maĂ®trisĂ©e que par les grands constructeurs (Renault, Ferrari, Alfa Romeo). De son cĂ´tĂ©, la CSI (qui devient FISA) entend amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© des Grands Prix et souhaite interdire les jupes, ces Ă©lĂ©ments aĂ©rodynamiques qui donnent toute leur efficacitĂ© aux wing cars. Cette lutte d'influence entre la FOCA de Bernie Ecclestone et la FIA de Balestre, connue sous le nom de « Guerre FISA-FOCA Â» laisse craindre un temps la constitution d'un championnat parallèle (l'organisation du Grand Prix d'Afrique du Sud 1981 sous l'Ă©gide de la World Federation of Motor Sport, fĂ©dĂ©ration « fantĂ´me Â» créée par la FOCA, ira d'ailleurs en ce sens, mais sans suite) avant que les diffĂ©rents acteurs concernĂ©s ne signent, au printemps 1981, les « Accords de la Concorde Â» qui entĂ©rinent le partage des pouvoirs entre FISA et FOCA.

modifier Les grands moyens (1982-1999)

Ayrton Senna au Grand Prix des États-Unis en 1991
Alain Prost en 1991
Ron Dennis en 1991

Comme le souhaitait la FISA, les wing cars sont bannies Ă  partir de 1983 tandis que les Ă©curies britanniques acceptent la prĂ©sence des moteurs turbocompressĂ©s. Elles l'acceptent d'autant plus que, loin de voir leur existence menacĂ©e par l'arrivĂ©e massive des grandes marques, elles s'en font des partenaires techniques : Brabham (dirigĂ©e par Bernie Ecclestone, le meneur de la FOCA) signe un accord de fourniture de moteurs turbo avec BMW68 Ă  partir de 1982, McLaren fait de mĂŞme avec Porsche69 ainsi que Williams70 avec Honda71. La prise de pouvoir des moteurs turbo se concrĂ©tise en 1982 (titre mondial des constructeurs pour Ferrari, qui laisse toutefois Ă©chapper le titre pilote Ă  Keke Rosberg72 sur sa Williams Ă  moteur Cosworth atmosphĂ©rique) puis en 1983, lorsque Nelson Piquet73 devient sur sa Brabham-BMW le premier pilote sacrĂ© champion du monde Ă  l'aide d'un moteur turbo. Les annĂ©es turbo sont ensuite dominĂ©es par les McLaren-TAG turbo de Lauda (1984) et Alain Prost74 (1985 et 1986), les Williams-Honda (titre des constructeurs en 1986 et 1987, titre des pilotes pour Nelson Piquet en 1987) puis les McLaren-Honda en 1988 (15 victoires en 16 courses et le titre pour Ayrton Senna75 devant son coĂ©quipier Alain Prost).

Ces annĂ©es sont celles de la dĂ©mesure en termes de puissance. Ă€ leur apogĂ©e, en 1986, les blocs turbocompressĂ©s dĂ©veloppent plus de 1 400 chevaux en spĂ©cification qualifications, la puissance Ă©tant rĂ©duite Ă  850 chevaux pour la course. Par mesure de sĂ©curitĂ©, la FISA limite leur puissance dès 1987, puis les interdit totalement Ă  partir de 1989.

Si le retour des atmosphĂ©riques attire de nombreuses petites Ă©curies (Scuderia Italia76, Coloni77, Rial78, EuroBrun79...) sĂ©duites par une rĂ©glementation a priori plus abordable, les motoristes Judd et Cosworth fournissant de nombreux blocs Ă  un prix raisonnable, il ne change rien au rapport de force. Les Ă©curies soutenues par les constructeurs gĂ©nĂ©ralistes continuent Ă  se tailler la part du lion : McLaren avec Honda, Williams avec Renault, Ferrari et Ă  un degrĂ© moindre l'Ă©curie Benetton80, soutenue par Ford. McLaren domine la saison 1989, marquĂ©e par la dĂ©gradation des rapports entre Prost et Senna dont la rivalitĂ© passionne le public, puis s'impose avec plus de difficultĂ©s en 1990 et 1991, sa domination Ă©tant contrariĂ©e par Ferrari (renforcĂ©e par Prost en 1990) puis Williams-Renault. Cette dernière, en avance dans la maĂ®trise des aides Ă©lectroniques au pilotage (ABS, antipatinage, suspension active, boĂ®te de vitesses semi-automatique) domine les saisons 1992 (avec Nigel Mansell81) puis 1993 (avec Alain Prost).

L'interdiction de la plupart des aides Ă©lectroniques redistribue les cartes Ă  l'orĂ©e de la saison 1994. Mais le duel attendu entre Ayrton Senna (Williams-Renault) et le jeune Michael Schumacher82 (Benetton-Ford) tourne court lorsque le triple champion du monde brĂ©silien se tue lors du Grand Prix de Saint-Marin83, le lendemain de l'accident mortel du novice autrichien Roland Ratzenberger84. Avec deux morts en un week-end, dont celle de son pilote le plus populaire, le championnat du monde connaĂ®t ses heures les plus sombres, aucun accident mortel en compĂ©tition n'ayant Ă©tĂ© Ă  dĂ©plorer depuis ceux de Gilles Villeneuve85 et Riccardo Paletti86 en 1982. MontrĂ©e du doigt pour avoir relâchĂ© sa vigilance en matière de sĂ©curitĂ©, la FIA durcit rapidement sa lĂ©gislation, la mesure la plus spectaculaire Ă©tant la limitation des moteurs Ă  3 litres dès la saison suivante. Depuis le Grand Prix de Saint-Marin 1994, aucun pilote de Formule 1 ne s'est tuĂ© et seules deux morts sont Ă  dĂ©plorer : un pompier en 2000 et un commissaire de piste en 2001, tous deux tuĂ©s par des dĂ©bris consĂ©cutifs Ă  des accidents.

Sacré dans des conditions dramatiques en 1994, Schumacher conserve son titre mondial en 1995, au volant d'une Benetton désormais mue par un moteur Renault. Le motoriste français, qui équipe également les Williams, place ses quatre pilotes aux quatre premières places du championnat. En 1996, le départ pour Ferrari de Schumacher affaiblit Benetton et laisse le champ libre à Williams, qui réalise le doublé pilote-constructeur en 1996 avec Damon Hill87 puis en 1997 avec Jacques Villeneuve88. Le retrait de Renault ainsi que le départ de son ingénieur fétiche Adrian Newey met un terme à la domination de Williams dont profite McLaren, renforcé par ledit Newey et dont l'association avec le constructeur allemand Mercedes-Benz commence à porter ses fruits. En demi-teinte depuis les départs successifs de Honda et Senna en 1992 et 1993, McLaren renoue avec les titres mondiaux en 1998 et 1999, deux championnats remportés par le Finlandais Mika Hakkinen89.

modifier Domination de Schumacher et retour des grands constructeurs (2000-2006)

Michael Schumacher après une victoire en 2004

La restructuration de la Scuderia Ferrari, entamée en 1993 par Jean Todt qui a successivement engagé le pilote allemand Michael Schumacher ainsi que les ingénieurs Ross Brawn90 et Rory Byrne91, trouve sa concrétisation avec le titre mondial des constructeurs acquis en 1999, le premier de l'écurie italienne depuis 1983. Ce sacre est le point de départ de la période de domination la plus importante de l'histoire de la Formule 1 puisque Schumacher remporte cinq titres mondiaux consécutifs de 2000 à 2004, portant son total personnel à sept couronnes. Dans le même temps, Ferrari ajoute cinq titres des constructeurs à son palmarès. Cette domination culmine au cours des saisons 2002 et 2004 durant lesquelles Schumacher remporte respectivement onze et treize victoires. Afin de relancer le spectacle, le pouvoir sportif est régulièrement amené à modifier le règlement sportif.

Cette pĂ©riode correspond Ă  une implication sans cesse croissante des grandes marques dans la discipline. Alors qu'elles s'Ă©taient contentĂ©es jusque lĂ  du rĂ´le de motoriste, laissant la conception des châssis aux spĂ©cialitĂ©s britanniques, elles s'investissent progressivement en tant que constructeur Ă  part entière : Mercedes-Benz devient l'actionnaire majoritaire de McLaren, Ford rachète Stewart Grand Prix en 1999 pour crĂ©er Jaguar Racing, Renault rachète Benetton Formula en 2000, Toyota fait son apparition sur les grilles en 2002, Honda rachète British American Racing en 2005 et BMW rachète Sauber cette mĂŞme annĂ©e. En 2005 et 2006, en rĂ©alisant par deux fois le doublĂ© pilote-constructeur avec Fernando Alonso92, Renault met fin Ă  la longue pĂ©riode d'hĂ©gĂ©monie de la Scuderia Ferrari, et devient le premier constructeur gĂ©nĂ©raliste Ă  ĂŞtre sacrĂ©.

modifier Autour de la course

modifier Organisation

Trois organismes sont chargĂ©s de l'organisation des compĂ©titions de Formule 1 :

  • La FĂ©dĂ©ration Internationale de l'Automobile (FIA), prĂ©sidĂ©e par Max Mosley, qui assure la direction technique et sportive et dĂ©termine les règlements.
  • La Formula One Administration (FOA, anciennement FOCA), prĂ©sidĂ©e par Bernie Ecclestone, qui dĂ©tient les droits exclusifs des contenus audio et vidĂ©o des compĂ©titions par dĂ©lĂ©gation de la FIA, suivant les termes des Accords de la Concorde.
  • La Formula One Management (FOM) qui gère les droits, notamment de diffusion tĂ©lĂ©visĂ©e, de la FOA.

Au début des années 1970, le Britannique Bernie Ecclestone93,94 (qui a racheté l'écurie Brabham à l'issue de la saison 1971) entreprend de fédérer en association la plupart des écuries de Formule 1. Rapidement émerge ainsi la FOCA (Formula One Constructor Association) dont l'ambition est double.

Les revenus générés par les courses, ainsi que les dépenses des écuries, ont considérablement augmenté de même que l'intérêt du public pour ce sport. Les écuries, compte-tenu des sommes de plus en plus élevées qu'elles investissent, estiment qu'il est possible non seulement de générer plus de revenus, mais qu'une partie de ceux-ci leur revient de droit. Au nom de la FOCA, Bernie Ecclestone entreprend alors de négocier directement avec certains organisateurs de Grands Prix (en garantissant la présence des écuries qu'il représente) contre le versement d'une somme forfaitaire de plus en plus en plus élevée. La FOCA devient même directement organisatrice de certaines épreuves. L'association négocie également avec les chaînes de télévision, nouvel acteur (pas encore majeur, mais sur le point de le devenir) du monde des Grands Prix.

L'organisation strictement sportive du championnat du monde est de la compétence exclusive de la CSI. Mais sur ce point également, la FOCA estime avoir son mot à dire, et refuse de se laisser dicter les modifications du règlement technique, sources de dépenses supplémentaires pour les écuries.

Le Français Jean-Marie Balestre95,96, dès son accession Ă  la prĂ©sidence de la CSI (l'organe sportif de la FIA) qui prend le nom de FISA, tente de s'opposer Ă  la montĂ©e en puissance de l'influente association dirigĂ©e par Bernie Ecclestone : c'est le dĂ©but de la guerre FISA-FOCA. En 1981, les deux adversaires signent la paix des braves, donnant lieu Ă  la première mouture des Accords Concorde (du nom de la Place de la Concorde Ă  Paris, oĂą la FIA/FISA a son siège) qui entĂ©rinent le partage des pouvoirs entre la FISA (qui conserve toute autoritĂ© en matière sportive et rĂ©glementaire) et la FOCA avec laquelle la FIA accepte de partager les profits rĂ©alisĂ©s, en lui laissant l'exploitation commerciale des courses. Chaque Ă©curie recevra une part des profits, proportionnellement Ă  ses rĂ©sultats au championnat. Bernie Ecclestone devient Ă  ce moment le patron officieux de la Formule 1.

Quand les premiers Accord Concorde prennent fin, en 1987, Ecclestone cesse d'ĂŞtre un propriĂ©taire d'Ă©curie pour crĂ©er la FOPA (Formula One Promotions and Administration), nouvel organisme chargĂ© d'administrer les droits tĂ©lĂ©visĂ©s pour les Ă©curies (la FOPA deviendra par la suite la Formula One Management). La FOPA reçoit 23 % des produits des droits TV, tandis que 47 % vont aux Ă©quipes, et 30 % Ă  la FIA. La FOPA cependant reçoit les droits versĂ©s par les organisateurs des Grands Prix. Des primes suivant les rĂ©sultats sont reversĂ©es aux Ă©curies.

modifier Les filières pour accéder à la Formule 1

Fernando Alonso a commencé par le karting.
Fernando Alonso a évolué en 2000 en Formule 3000.

Le parcours classique d'un pilote de Formule 1 commence gĂ©nĂ©ralement par la pratique du karting dès le plus jeune âge. Les pilotes accèdent ensuite au sport automobile dans des formules de monoplace dites de « promotion Â». Celles-ci sont multiples : la Formule Ford, la Formule BMW ou la Formule Renault 2.0 pour ne citer que les exemples les plus connus. Vient ensuite la Formule 3 puis, vĂ©ritable antichambre de la Formule 1, le GP2 Series, qui a remplacĂ© la Formule 3000 en 2005, laquelle avait remplacĂ© en 1985 le championnat d'Europe de Formule 2. Les Ă©curies de Formule 1 recrutent Ă©galement dans d'autres disciplines, comme la Formule Renault 3.5 des World Series by Renault (situĂ©e entre la F3 et les GP2 Series en Europe), la Formula Nippon au Japon ou encore les disciplines nord-amĂ©ricaines telles que le Champ Car (avant 2008) ou l'IndyCar Series.

Spécialisation du pilotage oblige, il est devenu très rare pour des pilotes courant dans des disciplines autres que monoplaces d'accéder à la Formule 1. Un pilote qui s'engage dans un championnat d'endurance (sport-prototypes, Grand Tourisme) ou de berlines (DTM, WTCC) est le plus souvent considéré comme ayant fait un trait sur une éventuelle carrière dans la catégorie reine.

Logiquement, lorsqu'un pilote parvient Ă  dĂ©cider une Ă©curie de Formule 1 Ă  l'engager, il le doit Ă  ses bons rĂ©sultats dans les catĂ©gories infĂ©rieures. Dans les faits, il arrive que la conclusion du contrat soit conditionnĂ©e par le versement d'une somme d'argent du pilote Ă  son futur employeur, on parle alors de « pilote payant Â». Cette expression dĂ©signe de manière pĂ©jorative les pilotes aux qualitĂ©s sportives limitĂ©es qui ne doivent leur prĂ©sence en Formule 1 qu'Ă  leurs appuis financiers. Ce serait oublier que certains des plus grands noms de l'histoire de la Formule 1 ont effectuĂ© leurs dĂ©buts en Formule 1 par ce biais (comme par exemple Niki Lauda), avant de se montrer suffisamment brillants pour changer de statut. Le recours aux pilotes payants est limitĂ© aux Ă©curies les plus modestes qui peineraient Ă  boucler leur budget sans cet apport. Depuis quelques annĂ©es, la prĂ©sence massive en Formule 1 des constructeurs gĂ©nĂ©ralistes, financièrement Ă  l'aise, a limitĂ© leur prĂ©sence sur les grilles de dĂ©part. En 2008, pour la première fois depuis de nombreuses annĂ©es, les engagĂ©s du championnat du monde ne compteraient aucun pilote payant97.

Nico Rosberg sur une monoplace de Formule BMW en 2002, sa première saison en sport automobile.
La GP2 Series, la véritable antichambre de la Formule 1.

La tendance actuelle des Ă©curies est de ne pas attendre qu'un jeune pilote frappe aux portes de la Formule 1 pour s'intĂ©resser Ă  lui, mais de prendre en charge sa formation dès ses dĂ©buts. Cette tendance a Ă©tĂ© initiĂ©e en 1989 par le constructeur allemand Mercedes-Benz, qui en prĂ©vision de son arrivĂ©e en F1, avait formĂ© une Ă©quipe de jeunes pilotes pour les prĂ©parer au plus haut niveau. Connu comme le « Junior Team Mercedes Â», cette initiative a favorisĂ© l'Ă©closion de Heinz-Harald Frentzen, de Karl Wendlinger et de Michael Schumacher qui, ironiquement, ne dĂ©fendra jamais les couleurs de la marque Ă  l'Ă©toile en Formule 1. Depuis, de nombreux constructeurs ont suivi ce principe qui consiste Ă  repĂ©rer un pilote, parfois dès le karting, et Ă  financer sa participation aux formules de promotion en veillant Ă  le placer dans les meilleures structures possibles : des filières ont Ă©tĂ© créées par Renault avec le Renault Driver Development d'oĂą est issu Heikki Kovalainen, Toyota avec le Toyota Young Drivers Program qui a rĂ©vĂ©lĂ© Kazuki Nakajima ou encore Red Bull Racing avec le Red Bull Junior Team de Sebastian Vettel et le Red Bull Driver Search, axĂ© sur les États-Unis et d'oĂą Ă©tait issu Scott Speed. Le cas le plus cĂ©lèbre et le plus extrĂŞme est celui de Lewis Hamilton98, soutenu par McLaren et Mercedes dès ses douze ans alors qu'il n'est encore que pilote de karting.

La multiplication de ces filières Ă©vite aux jeunes pilotes talentueux de se soucier des contraintes financières inhĂ©rentes Ă  la pratique du sport automobile. Inversement, un pilote « hors-filière Â», aussi talentueux soit-il, voit l'accès Ă  la Formule 1 apparaĂ®tre plus ardu que jamais. La Formule 1 Ă©tant un milieu très refermĂ© sur lui-mĂŞme, ĂŞtre soutenu par un manager influent (comme SĂ©bastien Bourdais dont l'avenir en Formule 1 s'est Ă©clairci lorsque Nicolas Todt, fils de Jean Todt est devenu son manager) ou avoir un père qui a lui-mĂŞme brillĂ© au plus haut niveau (comme le dĂ©montrent les arrivĂ©es de Nico Rosberg et Nelsinho Piquet, fils des anciens champions du monde Keke Rosberg et Nelson Piquet, après celles dans les annĂ©es 1990 de Damon Hill, fils de Graham Hill, ancien champion du monde, et de Jacques Villeneuve, fils du lĂ©gendaire pilote Ferrari Gilles Villeneuve) peut ĂŞtre de nature Ă  ouvrir des portes susceptibles de rester fermĂ©es Ă  d'autres pilotes aussi talentueux.

modifier Réglementation

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : RĂ©glementation de la Formule 1.

Pour des raisons de spectacle, de sécurité99, le pouvoir sportif est régulièrement amené à modifier le règlement sportif.

Ces dernières saisons, la FIA a modifié les règlements en Formule 1 afin de ralentir la spirale de la progression de la vitesse et des coûts.

En 2005, un seul train de pneus pouvait être utilisé pour les qualifications et la course. Si un véhicule avait un pneu endommagé (comme une crevaison), il devait être remplacé par un des pneus utilisés préalablement lors des essais. Mais en 2006, les changements de pneumatiques sont à nouveau autorisés afin de rendre les ravitaillements plus spectaculaires.

La FIA a Ă©galement revu les appuis en 2005, limitant ainsi la vitesse de passage en courbe des voitures. Il arrive que la rĂ©glementation change en cours de saison comme en juin 2006 pour empĂŞcher l'aplatissement de l'aileron arrière supĂ©rieur en ligne droite pour rĂ©duire la traĂ®nĂ©e, mĂŞme chose avec l'interdiction des « mass dampers Â» en aoĂ»t 2006.

DĂ©sormais, le dĂ©roulement des qualifications a totalement changĂ©. Un premier quart d'heure de qualifications est organisĂ© ; les six derniers sont classĂ©s dans cet ordre de la dix-septième Ă  la vingt-deuxième place. Les seize autres pilotes disposent d'un quart d'heure supplĂ©mentaire Ă  l'issue duquel les six derniers sont Ă  nouveau classĂ©s dans cet ordre. Finalement, les dix derniers pilotes peuvent en dĂ©coudre pendant les vingt dernières minutes restantes. Ă€ noter qu'une nouvelle rĂ©glementation a Ă©tĂ© adoptĂ©e depuis le Grand Prix de France 2006, son principal effet Ă©tant de rĂ©duire la durĂ©e de la dernière partie de qualification en la faisant passer de vingt Ă  quinze minutes.

Depuis 2007100, les spécifications en vigueur sont un poids minimal des monoplaces d'au moins 605 kilogrammes à vide pilote compris. Depuis 2008 l'antipatinage n'existe plus.

modifier Sécurité

Drapeau jaune assorti du panneau « SC Â» (pour Safety car) qui signale une neutralisation temporaire de la course derrière la voiture de sĂ©curitĂ©.
Schéma du système HANS avec un casque de Formule 1. (1. Armature du Hans 2. Sangles 3. Points d'attache 4. Harnais)

Les circuits de Formule 1 disposent désormais des derniers équipements en matière de sécurité, condition sine qua non à l'obtention d'une homologation par la FIA. Cela n'a pas été toujours le cas, et de nombreux drames ont été la conséquence directe de ces manques. Plusieurs circuits ont modifié leur tracé pour offrir une meilleure sécurité aux pilotes, tandis que d'autres ont perdu leur place (Pays-Bas, Saint-Marin). Malgré les incessantes améliorations apportées à son tracé, le Grand Prix de Monaco fait exception à la règle sécuritaire dans la mesure où il est difficile d'adapter un tracé en pleine ville aux critères actuels. Mais le rayonnement incomparable de l'anachronique rendez-vous monégasque lui permet de continuer d'exister.

Aujourd'hui les pilotes participent aussi la sécurité des courses. Jackie Stewart a été l'un des premiers pilotes à demander une sécurité accrue lors des Grands Prix. Regroupés au sein du GPDA (Grand Prix Drivers Association), ils expriment leurs souhaits, leurs exigences et font pression pour obtenir des aménagements lorsque un circuit leur paraît présenter des dangers potentiels.

Les pilotes ont l'obligation de porter des sous-vêtements et une cagoule, une combinaison, des gants, des chaussures montantes, un casque intégral (le plus léger possible), tous ignifugés en Nomex et homologués par la FIA101,102. Un système de protection du rachis cervical, le système HANS103, est désormais obligatoire; attaché au casque, il réduit la flexion brutale en cas de choc frontal. La cellule de survie de la coque en carbone des monoplaces bénéficie d'innovations pour la rendre quasi indestructible. La priorité est la protection des membres inférieurs (qui ne doivent plus se situer en avant du train avant) les plus exposés pour diminuer les fractures.

Monoplaces après un accident au Grand Prix d'Allemagne 2003
Voiture de sécurité et voiture médicale

Les risques de pathologies liés à la pratique des courses de Formule 1 sont en premier lieu le traumatisme rachidien. Un accident ou une sortie de piste produit une décélération brutale et une projection de la masse cérébrale sur la boîte crânienne (en 1977, lors des essais du Grand Prix de Grande-Bretagne104, David Purley105 a subi un crash monstrueux et une décélération de 179,8 g106, il est le seul homme au monde avoir survécu à une telle décélération). Enfin, peuvent être générés des polytraumatismes, des traumatismes crâniens par choc direct, des contusions hémorragiques, des fractures du rachis et des membres, des brûlures102.

Des drapeaux sont utilisés en Formule 1 pour transmettre des informations aux pilotes. Ce sont les commissaires de course qui agitent ces drapeaux sur le bord des pistes derrière les rambardes de sécurité.

L'organisation médicale des compétitions automobiles sur circuit107,102 obéit à des règles strictes, précisées par l’annexe H du Code médical de la FIA et un cahier des charges est fixé et revu tous les deux ans. La direction de la course se trouve au poste central et comporte le médecin-chef et le médecin-chef adjoint, ainsi qu’un délégué médical de la FIA. Des postes de secours sont répartis harmonieusement sur les parties intérieures et extérieures de la piste. Lors d'un Grand Prix de Formule 1, neuf postes sont installés, avec une ambulance de réanimation, un médecin et une infirmière urgentistes ou anesthésistes. Le plus rapide de ces véhicules est une Mercedes médicalisée, fournie à l’organisateur par la FIA. Sur tous les circuits, un centre médical est mis en place102. Pour la première édition d'une course sur un circuit déjà existant ou sur un nouveau circuit, le centre doit être homologué et les emplacements des postes de secours sur le terrain doivent être déterminés de façon précise, en accord avec l'organisateur et le médecin inspecteur permanent. Si les opérations n'ont pas lieu sur place, se trouve au centre un site de réanimation pour établir un diagnostic en urgence, le déchoquage, l'assistance respiratoire et le premier traitement des brûlures.

modifier Entraînement, suivi médical et lutte anti-dopage

Les pilotes de Formule 1 sont des athlètes de haut niveau102 avec une très grande condition physique car leur corps doit s'adapter Ă  des exigences spĂ©cifiques qui nĂ©cessitent endurance et rĂ©sistance, exigences assez proches des nĂ©cessitĂ©s imposĂ©es aux pilotes de Grand Prix moto108. Les pilotes de grand gabarit (comme Alexander Wurz qui mesure plus d'1,80 m) sont dĂ©savantagĂ©s Ă  cause de la taille très Ă©troite du cockpit. Pour encaisser les g latĂ©raux, les pilotes doivent avoir une bonne musculature du cou. Les muscles de l'avant-bras, des mains, des jambes, sont Ă©galement très sollicitĂ©s et doivent ĂŞtre puissants, sans ĂŞtre trop volumineux, ce qui est garanti par la technique de « stretching Â».

Une équipe médicale suit les pilotes dans chaque écurie102. Les pilotes doivent conserver leur poids de forme en soignant la diététique, entretenir leur force physique, leur état de forme par un entraînement physique athlétique (quatre heures d'entraînement par jour de footing, de cyclisme ou de V.T.T., de musculation), maintenir une forme physique optimale en prévenant et en soignant les maladies, gérant la fatigue et veillant à la récupération pendant les déplacements.

La FIA déclenche au niveau international des contrôles anti-dopage102 pour tous ses championnats, à un rythme déterminé et variable (de un à plusieurs par an), qui visent quatre à six pilotes environ. Sur le plan national, le ministère de tutelle, de la Jeunesse et des Sports pour la France, demande chaque année à la fédération de proposer une liste d’épreuves au cours desquelles un contrôle sera pratiqué. Ces contrôles sont organisés avec le ministère, par l'intermédiaire des directions régionales sur le terrain.

modifier Grands Prix

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Grand Prix de Formule 1.

Après le Grand Prix de Hongrie 2008, 796 Ă©preuves1 (785 Grands Prix et 11 Ă©ditions des 500 miles d'Indianapolis) — auxquelles ont pris part 719 pilotes de 36 nationalitĂ©s1 — ont Ă©tĂ© disputĂ©es dans le cadre du Championnat du monde :

Depuis 1950, la Formule 1 a connu 38 Grands Prix différents1, sur les cinq continents. 18 d'entre eux figurent au calendrier en 2008, les autres sont passés de mode ou poursuivent leur existence indépendamment, tel les 500 miles d'Indianapolis, qui ont compté pour le championnat du monde dans les années 1950 bien que courus avec un règlement et des monoplaces différents.

Le Grand Prix de Grande Bretagne3 disputé le 13 mai 1950 à Silverstone est le premier Grand Prix de l'histoire du championnat du monde. L'Italien Giuseppe Farina s'impose sur une Alfa Romeo. Ferrari est la seule écurie qui a présenté ses voitures sur la grille de départ à chaque saison, n'ayant commencé leur apparition qu'au Grand Prix de Monaco 1950109 (le second Grand Prix de l'histoire du championnat).

Grand Prix de Formule 1 2009110 Début Grand Prix de Formule 1 disparu Période
Australie