Une drogue est un composé chimique, biochimique ou naturel, capable d'altérer une ou plusieurs activités neuronales et/ou de perturber les communications neuronales. La consommation de drogues par l'homme afin de modifier ses fonctions physiologiques ou psychiques, ses réactions physiologiques et ses états de conscience n'est pas récente. Certaines drogues peuvent engendrer une dépendance physique ou psychologique. L'usage de celles-ci peut avoir pour conséquences des perturbations physiques ou mentales.

Le terme « drogue Â» recouvre essentiellement deux aspects : la nature des effets biologiques que la drogue induit d'une part et, d'autre part, les rapports que celui qui la consomme entretient avec elle. Il faut qu'un composant chimique donnĂ© soit consommĂ© pour qu'il puisse rĂ©pondre Ă  l'appellation de « drogue Â». Le mode et la frĂ©quence de consommation influe directement sur l'accoutumance ou la dĂ©pendance au produit.

Un système de rĂ©gulation de la production, du commerce et de la consommation des drogues a Ă©tĂ© mis en place au cours du XXe siècle. Les règles Ă©dictĂ©es par les États tiennent compte des implications politiques, sociales et sanitaires de la consommation de drogues et dĂ©terminent la rĂ©glementation de leur usage ou leur interdiction. Une politique de prohibition plus ou moins gĂ©nĂ©ralisĂ©e a Ă©galement Ă©tĂ© mise en place pour les produits stupĂ©fiants. La lĂ©gislation mise en place permet donc elle aussi de prĂ©ciser la notion de drogue.

Sommaire

modifier Étymologie

L'Ă©tymologie du terme est imprĂ©cise. Pour la plupart des ouvrages modernes1, le terme « drogue Â» provient du terme flamand « droog Â» (matière sèche)2. Pour Claude Saumaise et Gilles MĂ©nage ce mot dĂ©rive de « droga Â» fait Ă  partir du persan « droa Â» (odeur aromatique).1 Certains pensent que ce mot pourrait venir aussi de l'hĂ©breu « rakab Â» (parfum)3 ou de l'arabe « drâwa Â» (balle de blĂ©).1 En 1752, dans le dictionnaire de TrĂ©voux, le terme drogue est dĂ©fini comme « un terme gĂ©nĂ©ral de marchandise d'Ă©picerie de toute sorte de nature, et surtout des pays Ă©loignĂ©es, lesquelles servent Ă  la mĂ©decine, aux teintures et aux artisans Â». Selon, ce dictionnaire le terme dĂ©signe aussi « des choses de peu de valeurs qu'on veut mettre en commerce Â». 1 Les drogues Ă©taient donc des matières premières (plantes exotiques, c’est-Ă -dire Ă©pices, produits pharmaceutiques ou autres) mises en ventes par les herboristeries et les drogueries. Pour l'AcadĂ©mie nationale de pharmacie, une drogue est tout produit ayant quelque propriĂ©tĂ© mĂ©dicamenteuse, employĂ© Ă  l'Ă©tat brut, tel qu'il existe dans la nature, ou après des opĂ©rations matĂ©rielles qui n'exigent aucune connaissance pharmaceutique. Selon l'origine de la drogue, il sera question de drogue vĂ©gĂ©tale ou de drogue animale. Dans la suite de cet article, ne sera dĂ©veloppĂ©e que l'acception plus rĂ©cente du terme « drogue Â» et qui ne concerne que les effets psychotropes d'une substance.

modifier Quelles notions sont recouvertes par le terme « drogue Â» ?

L'usage du terme « drogue Â» peut prĂŞter Ă  confusion car il relève d'une sĂ©mantique multiple4. La prise en compte de plusieurs paramètres permet de mieux cerner la notion de drogue. Pour Pierre-Arnaud Chouvy, « la drogue est tout d'abord un produit d'origine animale, vĂ©gĂ©tale ou synthĂ©tique, qui, introduit dans l'organisme par quelque moyen que ce soit, a sur celui-ci des effets biodynamiques, et qui peut, dans certains cas, crĂ©er une accoutumance plus ou moins grave Â»4.

La notion de drogue, en plus d'ĂŞtre caractĂ©risĂ©e par des Ă©lĂ©ments biochimiques, est Ă©galement caractĂ©risĂ©e par la lĂ©gislation internationale sur les stupĂ©fiants. La première convention internationale sur le sujet s'est tenue en 1909 Ă  Shanghai et concernait surtout l'opium et ses dĂ©rivĂ©s. De nombreuses confĂ©rences internationales se sont tenues (conventions internationales de 1961, 1971 et 1988), et ont permis de rĂ©guler la production, le commerce et la consommation des produits dĂ©finis comme « stupĂ©fiants Â». Cependant, les contours du terme restent flous, puisque la nature de l'emploi d'une mĂŞme substance peut dĂ©terminer son caractère licite ou illicite4.

Le terme « drogue Â» recouvre donc plusieurs aspects : la nature des effets biologiques que la drogue induit d'une part, et d'autre part les rapports que celui qui la consomme entretient avec elle. Il faut qu'un composĂ© chimique donnĂ© soit consommĂ© pour qu'il puisse rĂ©pondre Ă  l'appellation de « drogue Â». C'est le mode et la frĂ©quence de consommation qui créé l'accoutumance ou la dĂ©pendance au produit. On peut donc penser que c'est le consommateur (Ă  travers ses modes de consommation), plus que le produit qui dĂ©termine quelle substance sera, pour lui, une drogue5. Un troisième Ă©lĂ©ment permettant de dĂ©finir une drogue sont les normes imposĂ©es par une sociĂ©tĂ© donnĂ©e. Ces trois Ă©lĂ©ments permettent d'apprĂ©hender la drogue comme un phĂ©nomène de sociĂ©tĂ©4.

On constate grâce Ă  ces Ă©lĂ©ments qu'un mĂŞme produit peut occuper des places diffĂ©rentes dans des systèmes de valeurs et de modes de vie diffĂ©rents. En consĂ©quence, le mĂŞme produit peut devenir une panacĂ©e ou un flĂ©au pour une sociĂ©tĂ©. Le cas de la coca permet d'illustrer ce propos : elle reprĂ©sente une menace pour les États-Unis, alors qu'elle symbolise l'identitĂ© culturelle bolivienne pour les boliviens6.
Cette différence d'approche d'un même produit est liée à la notion de tolérance socio-culturelle, selon laquelle dans un pays où une substance est produite, un état d'équilibre relatif s'installe entre cette substance et les usagers où elle est intégrée dans un rituel social, mystique ou religieux. Ce rituel s'accompagne d'une tradition de l'usage du produit véhiculant des prescriptions d'utilisation, les quantités à utiliser, les dangers relatif à l'usage1.

Au vu de ces Ă©lĂ©ments anthropologiques, il est donc nĂ©cessaire de prĂŞter attention aux divers systèmes de valeurs dans lesquels sont intĂ©grĂ©s les produits psychoactifs. Chouvy pense que les diffĂ©rentes utilisations et perceptions des drogues sont caractĂ©risĂ©es par des recours Ă  des rĂ©fĂ©rences Ă  la tradition et Ă  la modernitĂ© qui peuvent ĂŞtre contradictoires4. Tradition et modernitĂ© dĂ©signent ici des mouvements historiques ; ce qui impose Ă©galement de faire preuve d'un relativisme historique quand on souhaite traiter des problĂ©matiques liĂ©es Ă  la drogue. Ce relativisme historique est aussi important que le relativisme culturel Ă©voquĂ© plus haut4.

modifier Les représentations collectives de la drogue

Dans les annĂ©es 1960 et notamment dans les sociĂ©tĂ©s occidentales, le terme drogue prend progressivement un sens pĂ©joratif synonyme du terme stupĂ©fiant2,7,8,9 se limitant aux psychotropes illĂ©gaux710 (par exemple dans « trafic de drogue Â»). Ce glissement du sens du terme est attribuĂ© Ă  la mise en place des lĂ©gislations internationales et Ă  l'Ă©mergence d'un phĂ©nomène massif de toxicomanie. Dans cette vision lĂ©galiste, l'alcool ou le tabac ne sont donc pas considĂ©rĂ©s comme des drogues malgrĂ© les comportements compulsifs qu'ils peuvent induire.

Ce sens péjoratif est renforcé par un imaginaire populaire nettement différent entre l'alcool, les médicaments psychotropes et les drogues où l'usage ancestral et chamanique des psychotropes s'efface en quelques décennies au profit d'une imagerie négative symbolisée par quatre représentations déchéance, compulsion, irresponsabilité et animalité.11

L'évolution linguistique décrite précédemment témoigne d'une rupture culturelle quant au rapport aux substances psychotropes8. En effet, le rapport entre l'homme et les drogues est considéré comme un phénomène anthropologique majeur4.

Pour R.E Schultes et A. Hofmann, il semble Ă©vident que l'utilisation des « plantes Ă  drogue Â» 12 remonte aux premiers pas de l'homme dans la connaissance de son environnement vĂ©gĂ©tal. Ces plantes permettent alors Ă  l'homme de rentrer en contact avec un autre monde, le monde des esprits, un royaume surnaturel13. C'est de cette division que naitra une division entre le monde sacrĂ© et le monde profane. Les rapports qu'entretient l'homme avec les drogues ont influencĂ© l'Ă©laboration de systèmes de valeurs, en Ă©tablissant par exemple « un ordre spatial Ă  la surface de la terre en correspondance avec un ordre cosmique, surnaturel, idĂ©ologique qui fait partie intĂ©grante de leur patrimoine culturel Â»14.

Les traces d'utilisation de plantes hallucinogènes remontent si loin dans la préhistoire que certains auteurs15,16 estiment que l'idée de Dieu aurait pu apparaître chez les hommes à la suite d'expériences hallucinatoires4.

La notion de drogue ne peut être séparée des contextes culturels au sein desquels elle évolue. En effet, les représentations collectives que des sociétés culturelles se font d'un seul et même produit peuvent se révéler diamétralement opposées. Chouvy souligne de plus que le relativisme est de rigueur quand on aborde la notion de drogue, et qu'il faut distinguer les représentations collectives, qui sont partiales, partielles et contradictoires, des réalités objectives, qui se traduisent par des données objectives, mais qui sont insuffisantes4.

modifier Les différentes acceptions

La notion de drogue peut être utilisée pour recouvrir plusieurs réalités, qui prennent en compte la relation particulière qu'entretient un individu ou une nation avec un produit considéré4.

Certains organismes définissent la drogue comme étant un synonyme du terme scientifique substance psychoactive, expression neutre sans connotation juridique17.

En France, l'AcadĂ©mie Nationale de mĂ©decine adopte la dĂ©finition suivante du terme drogue :

« Substance naturelle ou de synthèse dont les effets psychotropes suscitent des sensations apparentĂ©es au plaisir, incitant Ă  un usage rĂ©pĂ©titif qui conduit Ă  instaurer la permanence de cet effet et Ă  prĂ©venir les troubles psychiques (dĂ©pendance psychique), voire mĂŞme physiques (dĂ©pendance physique), survenant Ă  l'arrĂŞt de cette consommation qui, de ce fait, s'est muĂ©e en besoin.[...] En aucun cas le mot drogue ne doit ĂŞtre utilisĂ© au sens de mĂ©dicament ou de substance pharmacologiquement active18. Â»

.

Pour l'Institut de santé publique belge une drogue est une substance psychoactive utilisée à des fins non-médicales19.

Juridiquement, le terme « drogue Â» renvoie aux substances illicites par opposition Ă  d’autres substances telles l'alcool, la nicotine ou les mĂ©dicaments psychotropes20.

Le terme drogue est parfois utilisĂ© par extension pour qualifier produit causant un comportement compulsif incluant une dĂ©pendance ; on parle alors de toxicomanie. De plus, le terme « drogue Â» est Ă©galement utilisĂ© pour dĂ©signer l'objet d'une addiction (des comportements rĂ©pĂ©tĂ©s et supposĂ©s par le sujet prĂ©visibles, maĂ®trisables). On peut citer par exemple les achats compulsifs, la dĂ©pendance Ă  Internet, les dĂ©pendance au jeu vidĂ©o, le jeu pathologique, la sexualitĂ© ou le surentraĂ®nement sportif21, 22.

modifier Expressions dérivées

Le dictionnaire de TrĂ©voux dĂ©finit aussi le substantif « drogueur Â» (qui fournit, qui vend des drogues), disparu depuis, et le verbe « droguer Â» (donner ou prendre des mĂ©dicaments).1

Les nombreux glissements successifs du champ sĂ©mantiques du terme « drogue Â» indiquent que son usage renvoit Ă  des notions subjectives. Ainsi, le glissement sĂ©mantique de la locution « ĂŞtre droguĂ© Â», qui induit l'idĂ©e que c'est le produit qui dirige l'usager - mĂŞme s'il a pu ĂŞtre droguĂ© Ă  son insu - vers la locution « ĂŞtre un droguĂ© Â» qui assimile l'usager Ă  son « vice Â», montre le passage d'un qualificatif (ĂŞtre quoi ? droguĂ©) Ă  un substantif (ĂŞtre qui ? un droguĂ©). Cette Ă©volution montre comment l'usager ne devient qu'une reprĂ©sentation de son produit, rĂ©duit Ă  un simple objet, il est plus facile Ă  stigmatiser.8

modifier Drogue perceptuelle et drogue cognitive

Il existe des substances qui ne sont pas considĂ©rĂ©s comme des substances psychoactives, mais qui ont cependant un effet non-fonctionnel et direct sur le système nerveux qui affecte l'Ă©tat mental d'une personne ; ces substances sont appelĂ©es « drogues perceptuelles Â»23. Un exemple de drogue perceptuelle peut ĂŞtre la saccharine, qui a les mĂŞmes effets sur le système nerveux que le fructose ou le lactose, mais sans ĂŞtre un glucide (il n'a donc pas de valeur nutritionnelle).

En étendant la notion de drogue perceptuelle, on peut se rendre compte que nombre d'autres stimuli peuvent produire des effets perceptuels qui ne sont pas associés à un bénéfice de la personne qui perçoit ces stimuli, comme c'est le cas de la pornographie par exemple23.

Lorsqu'un individu est motivé pour lire un texte, qui peut alors lui procurer certaines sensations (comme cela peut être le cas avec la lecture de textes pornographiques), on peut parler de drogue cognitive. L'effet de cette drogue dépend alors de ce qu'on lit et de ce qu'on comprend23.

modifier Opposition drogue licite - drogue illicite

Les termes drogue licite et drogue illicite sont utilisés depuis la mise en place des diverses législations sur les psychotropes24.

Une drogue illicite est une drogue dont la consommation et la vente sont interdites par la loi d'un pays. Le caractère illicite de certaines drogues varie d'une législation (et donc d'un pays) à l'autre. Le cannabis, par exemple, est illicite en France mais autorisé sous réglementation stricte à la vente et à la consommation aux Pays-Bas.

Cette distinction entre les deux termes s'attache aux substances psychotropes consommées dans un but non-thérapeutique et susceptible d'induire une dépendance en les différenciant sur leur statut légal.

Les drogues appelées drogues licites désignent les substances psychotropes dont la consommation et la vente ne sont pas interdites par la loi d'un pays. Par drogue licite, on désigne en général l'alcool, le tabac, le café, les médicaments psychotropes ou les solvants organiques.

La distinction « drogues illicites Â» et « drogues licites Â» introduite ci-dessus ne saurait induire en aucune manière une distinction de fait entre « drogue dangereuse Â» (et/ou potentielllement lĂ©tale) et « drogue inoffensive Â» (et/ou non potentiellement lĂ©tale). En d'autres termes, une drogue licite peut ĂŞtre tout aussi dangereuse (ou pas) qu'une drogue illicite : il doit ĂŞtre bien clair que la distinction de ce paragraphe n'aborde en aucun cas cette distinction ni ne la sous-entend.

modifier Drogue récréative

Le terme de drogue récréative est un terme dérivé de l'expression usage récréatif, qui désigne avant tout l'environnement de consommation. L'usage intervient alors dans une optique festive, l'effet désinhibant des psychotropes étant recherché par les usagers.

Ce terme désigne une consommation occasionnelle et modérée n'entraînant aucune complications pour la santé ou le comportement25. Cette consommation récréative s'oppose ainsi à la notion de consommation problématique qui définit la toxicomanie.

Le fait de prĂ©senter les psychotropes illĂ©gaux comme des substances rĂ©crĂ©atives est considĂ©rĂ© comme incitatif car occultant les problèmes de marginalisation qu'un usage abusif de ces produits peut induire[rĂ©f. nĂ©cessaire]. C'est le cas notamment en France oĂą l'incitation Ă  l'usage de psychotrope illĂ©gaux est pĂ©nalement rĂ©prĂ©hensible26.

modifier Usage détourné

Le terme usage détourné désigne l'utilisation d'un médicament en dehors d'indications thérapeutiques. Il s'applique à l'usage de médicaments dans le cadre du dopage mais aussi à l'utilisation de psychotropes pour modifier volontairement l'état de conscience. Ce terme induit un jugement moral. L'usage détourné désigne souvent l'usage de sédatifs, d'opiacés ou de stimulants à des fins non-médicales, comme ce peut être le cas avec la buprénorphine, la kétamine, la morphine, ou d'autres.

modifier Histoire

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : psychotrope.

Les drogues ont toujours et partout existé27. La culture du pavot à opium était par exemple connue en Mésopotamie 4 000 ans avant l'ère chrétienne, l'utilisation de la feuille de coca est attestée en Équateur et au Pérou en 2 100 et 2 500 av. J.-C. et la référence la plus ancienne connue aux usages psychoactifs du cannabis date de 2 700 av. J.-C. en Chine28.

L'extension géographique des plantes alcaloïdes a en partie déterminé leur utilisation par les hommes, qui ont pu découvrir ou répandre leur utilisation au cours des migrations. Ainsi, même les régions les moins pourvues en plantes psychoactives ont tout de même connu très tôt l'offre de drogues diverses et variées par le mécanisme des échanges27.

Au XVIIe siècle apparait la notion de « substance vicieuse Â», proposĂ©e par l'Ă©conomiste Jean-Baptiste de Montyon, qui, au cours d'une rĂ©flexion sur la fiscalitĂ©, propose de taxer les comportements immoraux29. Ă€ la fin du XIXe siècle, Thomas LarchevĂŞque, dans une thèse consacrĂ©e au monopole du tabac, dĂ©finit les substances vicieuses comme des biens dont « la consommation nuisible ou au moins inutile ne procure aucun avantage Ă  l'organisme et qui ne sont que des excitants pernicieux du système nerveux Â»30.

Ce qui est qualifiĂ© de drogue au cours du XXe siècle ressort de la catĂ©gorie des « substances vicieuses Â», dĂ©finies pour la première fois au siècle prĂ©cĂ©dent31.

L'histoire, la gĂ©ographie, la localisation, la diffusion et la consommation des drogues changent brusquement Ă  partir du XIXe siècle avec les progrès de la pharmacologie et de la mĂ©decine allopathique, ainsi que l'expansion de la civilisation industrielle et de l'internationalisation des Ă©changes 32.

La notion de drogue s'applique alors aux principes actifs et conserve ce sens en pharmacologie (préparations des apothicaires puis médicaments)7 et reste d'ailleurs ainsi employé par certaines personnes âgées. En anglais, drug est une traduction de médicament.

La mise en Ĺ“uvre au tournant du XIXe siècle-XXe siècle d'un système de contrĂ´le international des drogues instaurant des mĂ©canismes de rĂ©gulation de la production, du commerce et de la consommation de certaines drogues introduit une sĂ©paration entre les drogues dites « licites Â», dĂ©signĂ©es par le terme « mĂ©dicaments Â», qui sont contrĂ´lĂ©s, et les drogues « illicites Â», dĂ©signĂ©es par le terme « stupĂ©fiants Â»33. Ainsi un mĂŞme composĂ© chimique peut ĂŞtre appelĂ© mĂ©dicament ou drogue, selon son usage34.

La rĂ©gulation mise en place Ă  partir du XIXe siècle créé alors deux marchĂ©s transnationaux, interconnectĂ©s mais disposant cependant chacun de leur fonctionnement et de leurs acteurs propres : pour les mĂ©dicaments, c'est l'industrie pharmaceutique et les mĂ©decins allopathes ; pour les stupĂ©fiants, c'est la police, les tribunaux ou la douane d'un cĂ´tĂ© et les trafiquants de l'autre27.

modifier Typologie des drogues

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Classification des psychotropes.

Il existe de nombreuses classifications des drogues. Ces classifications ont Ă©tĂ© Ă©tablies au cours du XXe siècle en prenant en compte leurs effets, leur famille pharmacologique, leur activitĂ© sur le système nerveux, leur dangerositĂ© (en fonction de la dĂ©pendance physique, psychique et de l'accoutumance), leurs implications sociales ou leur statut juridique.

En fonction des facteurs pris en compte, on verra donc certains produits réglementés et ayant une action psychotrope (alcool, tabac ou médicaments psychotropes par exemple) peuvent être considérés ou pas comme étant des drogues.

Aux Pays-Bas, en 1972, le rapport Baan définit les drogues en termes de potentialité d'un risque d'usage et non en termes de nocivité d'une substance. Cette définition est considérée comme l'élément fondateur de la politique hollandaise en matière de drogue considérant qu'un produit n'est pas par nature une drogue mais peut le devenir de par son usage.35

Une liste de critères est Ă©tablie pour juger des effets positifs et nĂ©gatifs de l’usage du produit pour l’usager et pour la sociĂ©tĂ© afin de dĂ©terminer un risque acceptable :

  1. les propriĂ©tĂ©s pharmacologiques du produit (existence ou non de tolĂ©rance) ;
    1. le mode de consommation (ingestion, injection, inhalation) ;
    2. la frĂ©quence d'usage ;
    3. la personnalitĂ© de l'usager ;
  2. la possibilitĂ© de fractionner les doses ;
  3. le groupe d'usagers (âge, situation sociale) ;
  4. les risques de danger pour autrui (travail, conduite automobile) ;
  5. la possibilitĂ© de rĂ©glementer la production et de normaliser l'usage ;
  6. la possibilité d'évaluer l'usage (dosage dans le sang, les urines, etc.).

C'est cette notion de risque acceptable qui est considérée comme à l'origine de la différenciation drogue douce/drogue dure. Les drogues douces qui présenteraient un risque acceptable étant moins pénalisées que celles présentant un risque inacceptable.

modifier Opposition drogue "douce" - drogue "dure"

Ces termes sont apparus lors de la mise en place des réglementations internationales concernant les drogues. Ils ont un sens historique fortement attaché à la réglementation de l'époque où seuls les dérivés morphiniques, cocaïniques et cannabiques étaient visés par les lois8, même si leur définition stricte peut s'adapter à d'autres produits.

Le terme de drogue douce désigne presque exclusivement le cannabis, du fait que celui-ci induise une dépendance psychique trés faible et que le risque de décès soit quasi nul.36. On oppose cette expression à drogue dure.

Drogue dure est un terme qui qualifie des substances à même de provoquer une dépendance psychique et physique forte36, 37 Ce terme désigne généralement les dérivés de cocaïne et d'héroïne38.

L'appellation « drogue douce Â» est contestĂ©e par certains, dans la mesure oĂą il peut exister dans certains cas un « usage dur des drogues douces Â»39. Dans de tels cas, la prise d'un produit habituellement qualifiĂ© de drogue douce peut conduire Ă  la toxicomanie. L'ambiguitĂ© du qualificatif "douce" pour une drogue conduit Ă  prĂ©fĂ©rer l'expression "drogue lente".

modifier Opposition drogue de synthèse - drogue naturelle

Le terme de drogue de synthèse s'emploie surtout par opposition au terme drogue naturelle. La drogue naturelle est issue de produits naturels ayant subit peu ou pas de transformations comme les champignons hallucinogènes ou le cannabis ; alors que la drogue de synthèse dĂ©signe principalement des substances comme l'ecstasy ou le LSD qui nĂ©cessitent une synthèse en laboratoire.

Cette distinction est contestée par certains auteurs, dans la mesure où la résine de cannabis, généralement considérée comme naturelle, peut parfois subir des manipulations chimiques visant à en augmenter le principe actif (le THC)40. De plus, ces auteurs considérent que l'usage du terme naturel peut prêter à confusion quant à la dangerosité du produit.

modifier Implications socio-sanitaires de la consommation de drogue

IcĂ´ne de dĂ©tail Articles dĂ©taillĂ©s : psychotrope et toxicomanie.

Les effets des drogues sont qualifiĂ©s de psychotrope ; ils peuvent modifier l'esprit, la volontĂ©, le jugement, etc. En effet, les drogues agissent gĂ©nĂ©ralement grâce Ă  un ou plusieurs alcaloĂŻdes et modifient les transmissions synaptiques.

La consommation de drogues est associée à des problèmes sociaux et de santé qui varient selon le type, la quantité et le mode d'absorption de la substance mise en cause41. La consommation répétée de drogue peut conduire à la toxicomanie et avoir des conséquences sanitaires.

Il est cependant important de prĂ©ciser que toutes les drogues n'ont pas les mĂŞmes effets. Ce qui remet d'ailleurs en cause la classification drogues douces/dures. Ce classement a Ă©tĂ© Ă©tabli en prenant comme seul critère les effets nĂ©gatifs que les drogues peuvent entrainer sur l'organisme, or il y a d'autres critères Ă  prendre en compte : Certaines drogues comme le cannabis sont faciles Ă  se proccurer, et de plus elle ne coutent pas cher, c'est un critère important. Car si le consomateur de cannabis peut trouver son produit facilement et peu cher, il aura tendance Ă  en consommer de plus en plus et donc Ă  devenir accro. Par comparaison, la cocaine reste une drogue beaucoup plus chère et beaucoup plus difficile Ă  trouver, ce qui explique qu'elle ne soit souvent utilisĂ©e que dans le domaine festif et donc ponctuellement.

modifier Politique de prohibition des drogues

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Prohibition des drogues.

Une des caractéristiques des drogues et de leur marché est la prohibition et la répression dont elles font l'objet à l'échelle mondiale. Ce sont historiquement les États-Unis qui en sont les premiers financiers et promoteurs27. La répression et la prohibition sont basées sur le présupposé que l'usage de drogues (stupéfiants) est moralement répréhensible car lié à la recherche de plaisir. Les considérations de santé publique, qui justifient officiellement la politique de prohibition, sont alors subordonnées à ce pré-supposé émanant d'une culture dominante à l'éthique protestante27. C'est à la fois pour protéger la société dominante des effets délétères de l'abus de drogues que pour permettre à la société de profiter des bienfaits thérapeutiques des substances psychoactives que sera votée en 1906 la première loi fédérale de régulation des médicaments aux États-Unis, le Pure Food and Drug Act. Les débats à ce sujet, portant principalement sur l'opium et ses produits dérivés, ont débouché sur l'adoption du Harrison Narcotics Tax Act en 191442, et la philosophie de cette loi a été appliquée à d'autres produits par la suite43.

Au début du siècle, les substances étaient importées depuis l'étranger, les colonies et anciennes colonies européennes, territoires soumis à des puissances politiques, industrielles et marchandes qui tiraient des bénéfices du commerce de l'opium et du cannabis comme par exemple la Grande-Bretagne via la Compagnie anglaise des Indes orientales et qui ira jusqu'à déclarer des guerres au nom du libre commerce de l'opium dans ce que l'on a nommé les guerres de l'opium. Les puissances européennes ont contesté la position prohibitionniste des États-Unis jusque dans les années 1950, époque où celles-ci ont cessé de tirer des profits du commerce des drogues dans leurs colonies44.

Le régime prohibitionniste est donc partiellement fondé sur des bases conflictuelles sociales, ethniques et géopolitiques, ces trois dimensions étant inextricables selon Pierre-Arnaud Chouvy et Laurent Laniel. Ces auteurs considèrent également que la classification des substances et la législation afférente ne reposent pas sur un fondement scientifique mais sur des bases idéologiques, morales et politiques27.

Les politiques actuellement en vigueur mettent l'accent sur les propriĂ©tĂ©s chimiques des produits et nie que les effets des drogues dĂ©pendent aussi des reprĂ©sentations sociales liĂ©es Ă  leur usage45. Les orientations politiques prises par rapport aux drogues donnent lieu Ă  des dĂ©bats controversĂ©s, qui donnent lieu Ă  des reprĂ©sentations partielles et partiales27. Chouvy et Laniel soulignent que ce qu'ils appellent « dĂ©terminisme pharmacologique Â» sert les intĂ©rĂŞts d'institutions puissantes telles la mĂ©decine, la presse, la police et le gouvernement ; ce qui explique la prééminence de cette approche sur les politiques publiques27.

modifier Géo-économie de la drogue

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Trafic de stupĂ©fiant.

La consommation, la production, le trafic et le commerce des drogues sont entrĂ©es dans la modernitĂ© au XXe siècle et ont renforcĂ© les clivages existant entre le Riche et le Pauvre Ă  l'Ă©chelle mondiale. Les pays Pauvre Ă©taient plutĂ´t considĂ©rĂ©s comme producteurs et les pays Riche comme consommateurs27. Les Ă©volutions rĂ©centes de la gĂ©o-Ă©conomie des drogues bouleversent toujours les rapports Nord-Sud. Les pays du sud sont toujours les principaux producteurs/exportateurs de drogue, mais sont Ă©galement devenus des consommateurs majeurs. Parallèlement, le Nord n'est plus uniquement consommateur mais produit aussi des drogues de synthèse et du cannabis dans des proportions parfois importantes (aux États-Unis par exemple)27. Tous les pays sont donc devenus Ă  la fois producteurs, consommateurs et pays de transit, dans des proportions qui sont très variables d'un pays Ă  l'autre.

Les écarts grandissants entre le Nord et le Sud à l'échelle mondiale continuent de dynamiser la production et le trafic de drogue. Dans certains pays, les paysans n'ont souvent d'autre alternative économique que de cultiver pavot, cannabis ou coca. En effet, ces cultures de rente leur permettent de survivre à des déficits alimentaires souvent structurels dans des contextes économiques et politiques difficiles46.

Ethan A. Nadelmann explique que l'Ă©conomie des drogues illicites Ă  l'Ă©chelle mondiale est clairement le rĂ©sultat de l'intervention Ă©tatique Ă  l'Ă©chelle mondiale47. Il prĂ©cise que « la construction des normes internationales constitue un enjeu et un instrument de pouvoir, notamment du Nord sur le Sud Â»48.

Les drogues illicites et leur commerce font partie, plus que jamais, du processus de mondialisation, qu'il s'agisse des trafiquants bĂ©nĂ©ficiant de la prohibition ou des États menant une « guerre Ă  la drogue Â»27. « Les annĂ©es 1980 ont Ă©tĂ© marquĂ©es par le dĂ©veloppement des productions et la prise en main de leur distribution par diverses organisations criminelles nationales Ă  travers le monde, les annĂ©es 1990 auront (quant Ă  elles) Ă©tĂ© placĂ©es sous le signe de l'internationalisation de ces activitĂ©s Â»8.

Selon le rapport annuel de l'ONU DC, l'annĂ©e 2005-2006 a vu le marchĂ© des drogues illicites stagner. Ă€ l'Ă©chelle mondiale, 42 % des cargaisons de cocaĂŻne, 26 % de celles d'hĂ©roĂŻne auraient Ă©tĂ© interceptĂ©es. Selon le mĂŞme rapport, en Afghanistan la production d'opium en 2006 aurait cru de 45 % en un an, reprĂ©sentant 49 % de la production mondiale, le Triangle d'or reste devant avec 50 % de la production mondiale, le dernier pour cent est une production dispersĂ©e dans le monde, souvent a usage privĂ©e.

modifier Annexes

modifier Notes et références

  1. ↑ a  b  c  d  e  f  Yves PĂ©licier, Guy Thuillier, La drogue, PressesUniversitaires de France, coll. Â« Que sais-je ? Â», 1972 (rĂ©impr. septième Ă©dition) (ISBN 2-13-044843-7)
  2. ↑ a  b  Dictionnaire Hachette encyclopédique, Grand format, Hachette, 2001
  3. ↑ MILDT: définitions tirée du site de la MILDT (gouvernement français)
  4. ↑ a  b  c  d  e  f  g  h  i  j  Chouvy, Des plantes magiques au développement économique, p. 12-14
  5. ↑ Pelt, p.14
  6. ↑ Hector Cordova Eguivar, Centre tricontinental, 1996, p. 25-36
  7. ↑ a  b  c  L. Manuila, A. Manuila, M. Nicoulin, Dictionnaire mĂ©dical, Éditions Masson, 1991 (rĂ©impr. 4° Ă©dition) (ISBN 2-225-81957-2)
  8. ↑ a  b  c  d  e  Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse, 2004 (ISBN 2-03-505431-1)
  9. ↑ Dictionnaire encyclopédique Quillet, Quillet, 1962
  10. ↑ Lexique du rapport du comité spécial du sénat (canadien) sur les drogues illicites, septembre 2002 [1]
  11. ↑ représentations du mot drogue dans l'imaginaire populaire selon des études sociologiques dans A. Ehrenberg, Drogues et médicaments psychotropes, 1998
  12. ↑ terme utilisé ici pour les plantes hallucinogènes
  13. ↑ Les Plantes des dieux p.9
  14. ↑ voir P. et G. Pinchemel, La face de la Terre, Paris, Armand Colin, 1988
  15. ↑ Peter T. Furst, Introduction à la chair des dieux, Édition L'esprit frappeur, 2000 (ISBN 2-84405-097-2)
  16. ↑ Weston La Barre, Les plantes psychédéliques et les origines chamaniques de la religion, Édition L'esprit frappeur, 2000 (ISBN 2-84405-105-7)
  17. ↑ Cité des Sciences et de l'Industrie: organisme scentifique français
  18. ↑ Pierre Delaveau, CommuniquĂ© portant sur la dĂ©finition du mot « drogue Â», AcadĂ©mie Nationale de MĂ©decine, Paris, 28 novembre 2006
  19. ↑ Marc Roelands, DĂ©finition du mot « drogue Â», Institut de santĂ© publique, Bruxelles (Belgique)
  20. ↑ Rapport du comité spécial du sénat (canadien) sur les drogues illicites, présidé par Pierre Claude Nolin, septembre 2002
  21. ↑ Marc Valleur, Dan Velea, « Les addictions sans drogue(s) Â», Toxibase, n°6, juin 2002
  22. ↑ voir aussi : Exemples d'addictions
  23. ↑ a  b  c  Stephen E. G. Lea, Paul Webley, « Money as tool, money as drug : The biological psychology of a strong incentive Â», Behavioral and Brain Sciences, Cambridge University Press, Lire en ligne
  24. ↑ Exemples : Yasmina Salmandjee, Les drogues, Tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la lĂ©gislation, Eyrolles, coll. Â« Eyrolles Pratique Â», 2003 (ISBN 2-7081-3532-5), rapports officiels français (rapport Pelletier, Rapport Roques, etc.), publications de l'OFDT ou de la MILDT, etc.
  25. ↑ « Usage rĂ©crĂ©atif, abus et dĂ©pendance Â», Drogues : Savoir plus, risquer moins, ComitĂ© permanent de lutte Ă  la toxicomanie du QuĂ©becLire en ligne
  26. ↑ Article L3421-4 du Code de la SantĂ© Publique : « La provocation au dĂ©lit prĂ©vu par l'article L. 3421-1 ou Ă  l'une des infractions prĂ©vues par les articles 222-34 Ă  222-39 du code pĂ©nal, alors mĂŞme que cette provocation n'a pas Ă©tĂ© suivie d'effet, ou le fait de prĂ©senter ces infractions sous un jour favorable est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Est punie des mĂŞmes peines la provocation, mĂŞme non suivie d'effet, Ă  l'usage de substances prĂ©sentĂ©es comme ayant les effets de substances ou plantes classĂ©es comme stupĂ©fiants. Â»
  27. ↑ a  b  c  d  e  f  g  h  i  j  k  Pierre-Arnaud Chouvy et Laurent Laniel, « De la gĂ©opolitique des drogues illicites Â», HĂ©rodote n° 112, p. 7-26, 1er trimestre 2004, La DĂ©couverte, Lire en ligne
  28. ↑ Chouvy, Des plantes magiques au développement économique, p. 18-24
  29. ↑ René Stourm, Systèmes généraux d'impôts, Lib. Felix Alcan, Paris, 3e éd., 1912, p.38-39
  30. ↑ Thomas Larchevêque, Droit français du monopole des tabacs, thèse, Paris, 1887, Lib. nouvelle de droit et de jurisprudence, Arthur Rousseau éd., p. 121.
  31. ↑ Yann Bisiou, « Le contrĂ´le de l'offre des drogues Â» in Addictions, SantĂ©, Droits et devoirs, contributions d'un atelier organisĂ© par la FFA dans le cadre des 23es journĂ©es nationales de l'ANIT Ă  Nantes les 6 et 7 juin 2002.
  32. ↑ Anne Coppel, « Consommation : les paradis artificiels sont-ils Ă©ternels ? Â», in Guy Delbrel, GĂ©opolitique de la drogue, CEID, Paris, La DĂ©couverte Documents, 1991:16
  33. ↑ F.X. Dudouet, « De la rĂ©gulation Ă  la rĂ©pression des drogues. Une politique publique internationale Â», Les cahiers de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, n° 52, 2e trimestre 2003.
  34. ↑ Collectif FTP, Petit dico des drogues, Édition L'esprit frappeur, 1997 (ISBN 2-84405-002-0)
  35. ↑ Hélène Martineau et Émilie Gomart, Politiques et expérimentations sur les drogues aux Pays-Bas, OFDT, 2000
  36. ↑ a  b  On notera nĂ©anmoins que certains dĂ©cès peuvent ĂŞtre indirectement liĂ©s Ă  la consommation, par exemple un accident de la route. Pour plus de dĂ©tails, voir : Yasmina Salmandjee, Les drogues, Tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la lĂ©gislation, Eyrolles, coll. Â« Eyrolles Pratique Â», 2003 (ISBN 2-7081-3532-5)
  37. ↑ Les cas de décès par abus de drogue dure sont donc plus fréquents.
  38. ↑ [2] Rapport de la commission d'enquête sur la politique nationale (française) de lutte contre les drogues illicites du 3 juin 2003
  39. ↑ J.P. Couteron. L'usage dur des drogues douces. La mise en place d'un outil d'autoĂ©valuation de la consommation. Cahiers de Profession Banlieue (Les), 2001, (dĂ©cembre) : 51-69
  40. ↑ Amine Benyamina, Le cannabis et les autres drogues, Solar, 2005 (ISBN 2-263-03904-X)
  41. ↑ « Fiche 5 Â» des RĂ©sultats de l'enquĂŞte sociale et de santĂ© 1998 pour la rĂ©gion de l'Outaouais, 2001
  42. ↑ E. Bertram, Drug War Politics, The Price of denial, University of California Press, Berkeley, 1996, ch. 4
  43. ↑ R.Bonnie, The Marijuana conviction : A History of Marijuana Prohibition in the United States, Lindesmith Center, New York, 1999, ch. 1 et 2
  44. ↑ Guillermo Aureano, « L'État et la prohibition de (certaines) drogues Â», in Cemoti, n° 32 - Drogue et politique, juillet-dĂ©cembre 2001. Lire en ligne
  45. ↑ N. Zinberg, Drug, Set and Setting : The basis for Controlled Intoxicant Use, Yale University Press, New Haven, 1984
  46. ↑ C'est notamment la cas en Afghanistan, en Colombie ou au Congo, voir Pierre-Arnaud Chouvy et son site Geopium pour plus de précisions
  47. ↑ Ethan A. Nadelmann, « RĂ©gimes globaux de prohibition et trafic international de drogue Â», Revue Tiers Monde, t. XXXIII n°131, « Drogues et dĂ©veloppement Â», 1992, p. 537-552
  48. ↑ Ethan A. Nadelmann, op. cit. p. 538

modifier Bibliographie

  • Collectif FTP, Petit dico des drogues, Édition L'esprit frappeur, 1997 (ISBN 2-84405-002-0)
  • Drogues et dĂ©pendance, MILDT, 2006
  • Yasmina Salmandjee, Les drogues, Tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la lĂ©gislation, Eyrolles, coll. Â« Eyrolles Pratique Â», 2003 (ISBN 2-7081-3532-5)
  • Schultes, R. E., Hofmann A., Les plantes des dieux, Paris, Les Editions du LĂ©zard, 1990.
  • Jean-Marie Pelt, Drogues et plantes magiques, Paris, Fayard, 1983.
  • Pierre-Arnaud Chouvy, Des plantes magiques au dĂ©veloppement Ă©conomique. Le recours Ă  l'Ă©conomie de la drogue dans les pays du sud, MĂ©moire de DEA, UniversitĂ© de Paris X / UniversitĂ© de Paris I / Institut National Agronomique Paris Grignon, 1997 * (fr) Lire en ligne
  • Wadih Fayad, Aperçu sur les drogues, les anesthĂ©siques, ... et leurs origines
  • « Le MarchĂ© des drogues illicites Â», Bulletin des stupĂ©fiants Vol. LVI, n° 1 et 2, 2004, Office contre la drogue et le crime, Nations Unies. lire en ligne


Essai 
  • Max Milner, L’imaginaire des drogues : de Thomas de Quincey Ă  Henri Michaux, Paris, Gallimard, 2000 [les drogues Ă  travers la littĂ©rature].

modifier Pour aller plus loin

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